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COMMENTAIRE SUR LA PRÉFACE DU LIVRE DE F.KEIFFER.

Personnellement je n’ai jamais été friands des livres traitant d’un sujet technique sur l’entraînement. Et pour les rares ouvrages que ma curiosité m’a fait commencer, il n’a fallut généralement que quelques pages pour éteindre cette curiosité et laisser reposer en paix le reste de la prose.

Celui de François KEIFFER qui entre dans la catégorie de livres techniques s’en distingue fondamentalement. Plus qu’un livre technique — qu’il redevient dans les dernières pages —, c’est surtout un témoignage sur l’efficacité d’une méthode qu’il appelle “méthode globale” par rapport à ce qu’il a appris lors du passage de ses diplômes d’éducateur.

Le sujet m’a donc intéressé par cette remise en cause de qu’on lui a appris. Mais aussi et surtout par la juste mesure trouvée par l’auteur dans son texte et probablement dans ses aventures d’éducateurs avec ses equipes, entre l’influence de l’éducateur et celle du groupe auquel il demande pratiquement de réaliser un auto entraînement ce qui, souligne-il, est la meilleure façon de convaincre le groupe de son efficacité.

En prenant cette voie, il s’appuie sur de grands principes relevant tout autant de l’expérience que du bon sens, mais il donne un autre sens à la relation entraîneur – entraînés et en toute logique une autre responsabilité et donc une réelle liberté aux joueurs sur le terrain.

Que cette méthode lui ait donné lors de ses aventures beaucoup de succès ne me surprend pas. Il fait partie de la catégorie des entraîneurs (les meilleurs) ne voulant pas jouer à la place de leurs joueurs. L’inverse étant probablement le plus gros défaut de l’entraîneur. Un défaut assimilable chez beaucoup d’entre eux à une maladie. Une maladie causée sans aucun doute par la repetition de commentaires flattant la bonne organisation, le quadrillage du terrain, les bons choix tactiques de l’entraîneur et qui sont d’autant de virus venant infecter l’intelligence de nos entraîneurs, persuadés qu’il faille decider eux-mêmes du role, de la position et du comportement de leurs joueurs !…
On voit naître alors une race de joueurs stérilisés, sans créativité, jouant sans risque et obnubilés par leur apport en phase defensive.

Je ne le suivrais pas complètement dans ses critiques à l’égard de la méthode analytique qui peut, lors de la formation, avoir elle aussi des avantages.
En revanche, j’apprécie vraiment que ce livre ouvre le débat sur le paradoxe suivant qui veut que plus un éducateur ou un entraîneur sait redonner au joueur son importance donc sa confiance, plus il semble prendre une position effacée qui tend à sa complète disparition, plus au contraire derrière le joueur le bon entraîneur même absent apparaît vraiment.

Le livre témoignage de François, avec la vérité paradoxale indiquée ci-dessus, devrait susciter chez beaucoup d’éducateurs une saine réflexion sur cette vérité :
Plus que les resultats, le veritable objectif d’un éducateur ou d’un entraîneur est de permettre à ses joueurs de s’épanouir totalement dans le respect des valeurs les plus nobles de son sport.
Et la réussite de l’éducateur sera vraiment réelle quand et seulement quand, sans lui, ses joueurs y parviendront…

JM Guillou Le 14 juin 2007

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